Logo_CRAN_uneEn mai 2014, Franck Briffaut, le maire FN de Villers-Cotterêts, avait défrayé la chronique en annonçant qu’il refusait d’assister à la cérémonie du 10 mai, traditionnellement consacrée à la mémoire de l’esclavage.

Le 26 septembre dernier, c’est un autre élu FN qui s’est illustré par ses propos racistes. Robert Hiraux, adjoint chargé du logement, du patrimoine et de l’environnement, a pris à partie M. Albert Baudry, qui attendait tranquillement son épouse dans sa voiture, sur un parking, près de la gare de Villers-Cotterêts.

D’origine martiniquaise, M. Baudry a vu l’élu se ruer vers lui pour lui reprocher son stationnement : « Dégagez de là, vous n’avez pas à vous mettre là. Vous n’êtes pas dans votre cambrousse, retournez dans votre cambrousse ». Puis M. Hiraux a ajouté : « Vous avez de la chance d’avoir eu votre permis de construire. Si j’avais été à la mairie, vous ne l’auriez pas eu. Le Front National est passé. Je jubile, je jubile. » Ces propos ont été répétés devant plusieurs personnes, qui ont témoigné des faits, et déposé plainte elles aussi.

« Bêtise ou naïveté, M. Hiraux a reconnu publiquement qu’il ne donnerait pas de permis de construire à ceux qui viennent de la « cambrousse », a commenté le président du CRAN. C’est donc qu’il discrimine en fonction des origines. Je n’ose imaginer comment cet adjoint au logement s’occupe de l’attribution du logement social dans la ville », a ajouté Louis-Georges Tin. Dans ces conditions, le CRAN a décidé de porter plainte en se constituant partie civile dans cette affaire pour soutenir l’initiative courageuse de M. Baudry, de Mme Baudry et de Mme Arlapen.

Hasard du calendrier, ce même jour, le Conseil de Paris doit statuer sur une mission de préfiguration en vue de créer dans la capitale un Centre Dumas, destiné à mettre en lumière la mémoire de l’esclavage et la culture et la culture des outre-mer.

Tandis que les élus de Villers-Cotterêts, patrie du général Dumas, ne cessent de bafouer les valeurs de la République pour laquelle s’est battu le grand homme, le CRAN demande aux élus de Paris de faire qu’un Centre porte son nom au cœur de la capitale. « Tandis que l’extrême droite ne cesse de progresser dans le pays, nous avons grand besoin d’une figure de proue, comme le général, pour mener la bataille contre l’ignoble », a déclaré Louis-Georges Tin.

Porté par Fadila Mehal, ce vœu est soutenu par de nombreuses associations, dont l’Association des amis du général Dumas, BDM TV, le Cifordom, le CRAN bien sûr, la Licra, et SOS Racisme.