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Le niveau de vie moyen annuel [1] des 10 % les plus riches a augmenté de 450 euros, soit une hausse de 0,8 % entre 2008 et 2012, alors que celui des 10 % les plus pauvres a perdu 541 euros, soit une baisse de 6,3 % de leur niveau de vie sur cette période.

La stagnation du pouvoir d’achat est une moyenne qui masque le fait que la crise frappe bien davantage les ménages les plus modestes que les autres. Entre 2008 et 2012, toutes les tranches deniveaux de vie jusqu’à la moitié de la population la plus pauvre ont vu leur niveau de vie annuel diminuer. La baisse la plus forte en euros est celle de la tranche des 20 à 30 %, avec moins 480 euros. Entre 50 et 70 % le niveau de vie a stagné. Au-delà (à partir de 2 270 euros mensuels pour une personne seule) les niveaux de vie ont continué à progresser de 249 à 450 euros pour les 10 % aux revenus les plus importants.


Pendant la crise, les plus riches continuent de s’enrichir tout en se plaignant de devoir contribuer davantage à la solidarité nationale. Les inégalités augmentent depuis la fin des années 1990, mais jusqu’à présent elles étaient uniquement tirées par l’envolée des hauts revenus : désormais ce sont les plus pauvres qui décrochent. Et de façon nette. On entre dans un nouveau régime d’inégalités de revenus, que notre pays n’a pas connu au moins depuis les années 1970, date du début des données statistiques détaillées.


Et encore, le phénomène est minimisé. Ces données ne portent pas sur les revenus les plus élevés de l’échelle (les 5 ou 1 % les plus riches) (voir notre article) et on a de bonnes raisons de penser que le mouvement a continué et s’est amplifié depuis 2012, avec la très forte hausse du chômage.

Voir les tableaux cités ici et les autres articles.