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Initialement prévue en Tunisie, l’International conférence on AIDS and STI in Africa (Icasa) organisée tous les 2 ans aux alentours du 1er décembre, doit finalement avoir lieu au Zimbabwe.

L’information a été officiellement annoncée par la Society for AIDS in Africa (SAA) le 23 juin, après avoir, en mai dernier, communiqué de façon brutale l’annulation et le report de la conférence initialement prévue.

La décision de la SAA est particulièrement originale : les agressions et les discriminations envers les homosexuels sont reconnues comme un facteur aggravant de l’épidémie, la SAA fait cependant le choix d’organiser sa conférence dans un pays dont le président est notoirement homophobe.

Robert Mugabe a en effet eu des propos anti-gay d’une extrême violence :« L’Eglise dit que l’homosexualité est une abomination. C’est aussi le cas dans notre propre culture. Les hommes qui participent à ce genre de pratique mériteraient d’être castrés ».

Le Zimbabwe n’est pas un pays sûr pour les activistes de la lutte contre le sida. L’expérience montre d’ailleurs que le plus grand risque pour ces derniers réside bien souvent dans les politiques discriminantes des Etats : organisée au Sénégal en 2008, l’Icasa avait été suivie de l’emprisonnement de neuf militants de AIDES Sénégal, poursuivis pour « association de malfaiteurs et pratiques contre nature ».

Les motivations de la SAA ne résident certainement pas dans la cohérence de la lutte ou le respect des congressistes qui doivent en plus mettre en place des actions sur leur territoire pour le 1er décembre et qui ont réservé de longue date leur déplacement à Tunis.

Les activistes de la lutte contre le sida souhaitent des conférences de qualité, mises en place sur des territoires cohérents et organisées bien en amont, sans précipitation et de façon transparente. Ces événements doivent leur permettre d’acquérir de nouveaux pouvoirs tant en matière de lutte contre le sida qu’en terme de droits pour toutes les communautés concernées par le VIH.

Nous, militants de la lutte contre le sida, décidons de boycotter cette conférence et appelons l’ensemble du monde de la lutte contre le sida à faire de même !

Ce texte est signé par : Act-Up Paris, Africa Gay contre le sida, AIDES, Association de lutte contre le sida [ALCS], Plus [Coalition internationale de lutte contre le sida], CRIPS Ile-de-France, le Planning Familial, Sidaction.

Et les professeures Françoise BARRE-SINOUSSI, lauréate 2008 du Prix Nobel de Médecine ou Physiologie, Hakima HIMMICH, Présidente de l’ ALCS et professeure de médecine, et Christine KATLAMA, du département des maladies infectieuses et tropicales de l’unité infection et immunodépression de l’hôpital Pitié-Salpêtrière.