Yagg_je_m'abonneA l’occasion de la Journée nationale du Souvenir des Héros et Victimes de la Déportation, le Président François Hollande évoquait hier sur le site de l’ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof les homosexuels comme une composante de la déportation en ces lieux. C’est une réalité qu’une minorité d’individus conteste aujourd’hui encore, alors que continuent de circuler idées et de chiffres erronés ou dépassés pour ce qui concerne la France occupée et l’Alsace-Moselle, territoires annexés par les nazis.

Il m’est donc apparu opportun de divulguer aujourd’hui, dès avant la soutenance de mon Master d’Histoire sur le thème de la répression de l’homosexualité en Alsace annexée, les chiffres actuels de cette réalité. Tant pour les hommes accusés d’homosexualité, passés par le camp de concentration de Natzweiler et son site principal du Struthof, que pour l’ensemble du territoire français. Il s’agit d’apporter de nouveaux éléments factuels au débat, mais également pour nuancer certains propos, lus encore récemment, y compris sur ce site.

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Pour la France dans son ensemble, on peut donc chiffrer la répression de l’homosexualité par le régime nazi à quelque 500 individus dont un dixième d’étrangers.

Plus de la moitié répondaient aux critères d’attribution d’un titre de déporté politique. Parmi eux, ils sont 27 à avoir connu les camps de concentration, dont 12 Alsaciens, 3 Mosellans et 1 Polonais pour les territoires annexés. 11 autres sont issus de France occupée, dont un ressortissant roumain. On pourrait encore y ajouter 3 Allemands déportés depuis Paris, la Moselle et le Sud de l’Alsace respectivement.  Cent quinze individus, parmi lesquels Pierre Seel (1923-2005), ont pu être recensés au camp de Schirmeck-Vorbruck pour des durées variant de quelques semaines à 23 mois.

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Pour en revenir au camp de concentration Natzweiler et ses plus de 300 déportés incriminés par l’homosexualité, avérée ou supposée, 160 au moins trouvent la mort dans le système concentrationnaire, dont 79 au camp de Natzweiler et ses camps annexes. Quinze autres sont portés disparus, avec néanmoins une forte probabilité de décès. Ceci conduit à un taux de mortalité compris entre 51 et 56 %, bien supérieur à la moyenne de 42%, propre à cette entité concentrationnaire, sur son site du Struthof principal ou certains de ses camps annexes, plus meurtriers encore. Ils sont 115 à survivre, atteignant des âges entre 37 et 94 ans. Le sort d’une vingtaine d’eux fait encore l’objet de recherches.

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A savoir sur cet historien :

Jean-Luc Schwab est a également publié avec Rudolf Brazda dont il est aussi l’exécuteur testamentaire, Itinéraire d’un Triangle rose, la biographie de celui qui fut l’ultime survivant porteur du triangle rose dans les camps de concentration. Il est également le commissaire de l’Exposition «Débauche contre nature – La répression de l’homosexualité en France et dans les territoires annexés (1940-1945)», actuellement visible au Mémorial de l’Alsace-Moselle à Schirmeck.