Un article publié par le Figaro du 11 Août fait état d’un chiffre alarmant : toutes les 40 minutes, en France, une femme porte plainte pour viol, soit une augmentation de 18% depuis 2010. Au total, 12 768 plaintes ont été enregistrées en 2014.

Nous sommes pourtant bien en-deça de la réalité. Les enquêtes de victimation font état d’au moins 75°000 femmes majeures violées par an. Seulement 10% d’entre elles osent porter plainte et ainsi entrer dans un processus judiciaire souvent éprouvant.

Il est positif de constater que le nombre de dépôts de plainte augmente : cela est le signe que de plus en plus de femmes osent briser le silence, contribuant ainsi à faire changer les mentalités sur ce sujet. Ce n’est pas à la victime d’avoir honte, la honte doit changer de camp comme l’affirmait la campagne portée entre 2010 et 2011 par Osez le féminisme !, le Collectif Féministe Contre le Viol et MixCité.

Cependant, Osez le féminisme ! s’inquiète du trop peu d’actions des pouvoirs publics face à l’ampleur du crime. Car il faut le rappeler : le viol est un crime, jugé en cour d’Assises, et passible de 15 ans de prison. Pourtant, dans 90% des cas, la victime se mure dans le silence. Pourquoi ? Parce que dans une société où les femmes continuent d’être massivement discriminées, d’être rabaissées au rang d’objet sexuellement disponible, il est difficile de se lever et de dire “j’ai été violée”.

Si la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes a permis la généralisation du téléphone grand danger pour les femmes menacées de viol par leur ex-conjoint, cela n’est pas assez !

Osez le féminisme ! demande :
– la fin de la correctionnalisation des viols. Faire d’un crime un simple délit, ce n’est pas aider la victime. Tout doit être mis en oeuvre pour que les viols soient jugés en cour d’Assises ;
– une meilleure formation des forces de l’ordre : celle-ci est encore trop anecdotique ; d’un commissariat à un autre, la victime ne sera pas traitée de la même manière. Les forces de – l’ordre doivent être formées spécifiquement à l’accueil des femmes victimes ;
– une campagne de grande ampleur pour dénoncer ces crimes, développer la prévention, informer les victimes de leur droit, et faire évoluer enfin les mentalités ;
– une meilleure prise en charge psychologique des victimes, avec la gratuité des soins

Osez le féminisme ! le rappelle : le seul et unique responsable d’un viol, c’est le violeur.