Le mardi 28 novembre 2017, à l’initiative du Secours Catholique de Seine-et-Marne, une cinquantaine de personnes, salariés de structures d’hébergement et de Foyers de l’enfance, personnels de services publics (MDS, ASE, Education nationale, services hospitaliers), bénévoles d’associations caritatives et militants, se sont retrouvées dans toute leur diversité à Pontault-Combault.

Les éléments de constats partagés par tous sont nombreux :

 

cas de mineurs qui dorment dans la rue,

critères d’évaluation de l’isolement et de la minorité contestables,

prise en charge inexistante ou insuffisante : l’hébergement en foyer ou en famille d’accueil étant souvent remplacé par un simple hébergement à l’hôtel, pas ou peu d’accompagnement pour préparer la sortie du dispositif ASE lorsque le jeune devient majeur, en particulier pour les démarches en préfecture.

 

Aux yeux de tous les acteurs de la rencontre, l’accueil de ces jeunes, aujourd’hui en Seine et Marne, ignore leur fragilité et leur besoin de reconstruction dus aux traumatismes subis pendant leur parcours migratoire et est complètement insuffisant pour leur assurer une intégration dans la société.

S’ajoute à cela la décision du Conseil départemental de ne plus signer ni reconduire de Contrat Jeune Majeur, ce qui met ces jeunes à la rue dès leur majorité, les empêchant de poursuivre leur scolarité et réduisant à néant leurs efforts ainsi que le travail des éducateurs et des associations qui les ont accompagnés jusque-là. Leur situation est d’autant plus grave que la lenteur des services préfectoraux pour leur délivrer le titre de séjour auquel ils ont droit les plonge dans la plus grande précarité !

Tous les acteurs présents à cette rencontre en tirent la même conclusion : les droits des mineurs non-accompagnés et des jeunes majeurs étrangers ne sont pas garantis en Seine et Marne.

Outre le caractère dramatique de la situation de ces jeunes, cette rencontre a également permis de mettre en évidence la souffrance des professionnels et des bénévoles qui les accueillent et les accompagnent régulièrement, lesquels sont désormais contraints d’oeuvrer au mépris de leurs valeurs.

Face à la gravité et à l’urgence du sujet, les acteurs de cette rencontre ont jugé nécessaire de coordonner leurs initiatives et actions futures, d’interpeller les institutions, et d’alerter l’opinion publique via des manifestations collectives et médiatisées, mais aussi de saisir la justice si nécessaire, afin de faire respecter les droits de ces jeunes, mineurs ou majeurs étrangers, dans le département.

Une nouvelle rencontre sera prévue en janvier afin d’approfondir ces pistes d’action et d’amélioration.

Signataires :

Amnesty International, Ligue des droits de l’Homme Fédération de Seine et Marne, la Pastorale des Migrants, RESF 77, Délégation de Seine et Marne du Secours Catholique — Caritas France, Turbulences, Michèle AUBET, Laure BEAUCOUSIN, Sandrine BARNIER, Nathalie DEMOUZON, Sophie GALLARDO-BRUNE, Maria, GONCALVES, Virginie GUILLAUME, Vanessa MANI, Claudine NESMARD, Yves NESMARD.