L’association TURBULENCES MLV dénonce les expulsions de plusieurs camps de Roms ce jeudi en Seine-et-Marne.
Face à la pression des élus locaux de gauche comme de droite, la préfecture a cédé à la facilité : l’expulsion, sans proposer de situation stable.

Tôt ce matin, les bulldozers ont notamment envahi le campement de Roms situé sur la ZAC de la Haute-maison sur la commune de Champs-sur-Marne.
Depuis plusieurs jours, les associations du collectif de soutien ont alerté sur l’urgence de la situation de ces familles. La santé de certains est très fragile. Cette expulsion et la destruction des abris remettent sérieusement en cause la continuité des soins, comme le processus de scolarisation des enfants du campement.
Comme l’avait annoncé le cabinet du préfet de Seine-et-Marne, un diagnostic global devait être établi. « La décision de justice ne sera pas appliquée, sans tenir compte de la circulaire interministérielle », disait le directeur de cabinet de la Préfète dans Le Parisien du 12 septembre 2012.

Ce matin, ces promesses ont volé en éclat sous la pression des élus locaux, dont ceux de communes de Marne-la-Vallée, ici du Val Maubuée et Champs-sur-Marne. Les forces de l’ordre ont évacué le camp et détruit les abris à coup de bulldozers. Cette réaction est incompréhensible, alors que nous commencions à établir un dialogue avec les autorités.
L’association Turbulences demande:
−       la mise en place d’un accompagnement social et sanitaire et d’une politique de scolarisation des enfants présents, dès la maternelle et sur toute la période de la scolarisation obligatoire.
−       des mises à disposition provisoires de terrains viabilisés pour éviter les campements illicites, garantissant des conditions de vie et d’hygiène décentes,
−       à terme, des propositions de relogement des familles concernées.

En effet, la mise en place des solutions de stabilisation des familles puis de relogement, est possible, comme le montrent de nombreuses expériences en Seine-et-Marne et sur d’autres communes en France.

Nous insistons sur le fait que le poids financier des mesures qui sont nécessaires ne doit pas reposer uniquement sur les seules finances des communes, mais qu’il doit être fait appel à des financements européens dédiés à ce type de projets, également à l’État, au département et à la région.

Pour ce faire, nous demandons :

−       la mise en place, dans les meilleurs délais, d’une cellule de pilotage visant à la mise en œuvre de telles solutions,

−       la désignation d’un opérateur capable de mettre en œuvre localement ces solutions et leur suivi.