Le ministère de l’Intérieur a fait savoir à la Cimade samedi 6 octobre que la famille Khoja est admise au séjour en France, qu’elle est autorisée à y déposer sa demande d’asile bénéficiant donc du statut de demandeurs d’asile.

C’est un énorme soulagement et une vraie victoire.  Pour ce jeune couple Afghan, d’abord, à qui cette mesure rend l’espoir d’un avenir autre que le retour vers un pays où ils sont en danger. Pour leurs enfants, Daniel, 3 ans ½ et Madina, 5 mois,  qui vont connaître une autre vie que l’errance qu’ils subissent depuis qu’ils sont nés.

Mais c’est aussi une victoire pour tous ceux qui se sont battus avec obstination et ténacité pour arracher cette décision au premier rang d’entre eux, leur avocat, Me Bruno Vinay mais pour aussi les militants et les simples particuliers indignés du sort réservé à ces parents et à ces enfants, outrés que l’engagement du candidat Hollande de ne plus enfermer les enfants soit violé et que le droit pour les victimes de demander l’asile soit limité. Tous, chacun à sa façon,  se sont mobilisés, ont écrit, téléphoné, passé toute la nuit du 30 septembre au 1er octobre devant l’hôtel où la famille était enfermée en attendant l’expulsion, se sont rassemblés à plusieurs dizaines devant la préfecture du Mans le mardi 2 octobre.  C’est enfin la victoire des associations (entre autres Turbulences, la Cimade, la LDH, le RESF) et des personnalités, le conseiller régional Augustin Legrand, les écrivains Atiq Rahimi et Dan Franck, le cinéaste Romain Goupil qui ont fait savoir la colère que de tels faits provoquaient chez eux. Des élus notamment de Seine-et-Marne, des Hauts-de-Seine, de la Sarthe et de la Région Pays de la Loire  se sont joints aux protestations ou sont intervenus auprès des responsables politiques. Les conseillers régionaux EELV d’Ile de France avaient prévu de parrainer les enfants le 8 octobre.

Mais plus que tout, c’est la victoire du bon droit, de ce qui est juste, contre ce qui n’est que légal. A la revendication  légitime (la preuve !) que les Khoja puissent demander l’asile en France, les préfectures répondaient, sur instruction du ministère de l’Intérieur, par la « légalité ».  Avec la mobilisation, le sens de la justice, l’a emporté sur une application intransigeante de lois, de textes et de procédures mises en place par Sarkozy et que de façon incompréhensible, un ministre de gauche s’acharne à exécuter de façon rigoriste, pour ne pas dire intégriste.

Ces lois sont injustes, elles génèrent des souffrances que la société n’accepte pas, elles doivent être changées, en profondeur et vite. Le sort réservé à la famille Khoja doit en être le signe précurseur, concernant en particulier les promesses du candidat Hollande sur le non enfermement des enfants et le rétablissement d’un droit d’asile réel.

Communiqué de RESF