A LIRE DANS MARIANNE :
L’AVIS de ROSELYNE BACHELOT-NARQUIN

En matière de prise en charge des usagers de drogues, la France s’est engagée depuis vingt-cinq ans dans une démarche de réduction des risques avec les programmes d’échanges de seringues ou les traitements de substitution, méthadone ou buprénorphine. Il faut maintenant aller plus loin et lancer sur des sites sensibles des salles d’injection surveillée, improprement appelées «salles de shoot».
Les détracteurs de ces structures les présentent comme des «bars à came» où tout un chacun pourrait se droguer en toute impunité. Cette vision caricaturale destinée à effrayer le public ne reflète en rien la réalité du dispositif.

Les salles de consommation supervisée existent depuis 2003 à Vancouver (Canada) et dans de nombreux pays européens : l’Espagne, l’Allemagne, le Portugal, les Pays-Bas, la Suisse, avec le Quai 9 de Genève, certainement la salle la plus connue. Les bénéfices en termes de santé publique ont été établis par des études solides, issues d’organismes incontestables, les plus connues étant celle de l’Inserm parue en juin 2010 ou encore celle publiée par l’éminente revue The Lancet en avril 2011.