Dépêche du CRAN, 01-07-2013

Le 26 juin 2013, l’AFR (Agence Française de Réduction des Risques) organisait un colloque dans les locaux de Médecins du monde. Le best seller de Michelle Alexander, The New Jim Crow : Mass Incarceration in the Age of Colorblindness, a révélé à quel point la « War on drugs » lancée par Nixon aux Etats-Unis avait été une guerre raciale ou, à tout le moins, racialisée. Il conviendrait donc de s’intéresser à cette question et de réfléchir aux conséquences des politiques anti-drogues sur les populations noires et arabes en France. C’est dans ce contexte que Louis-Georges Tin a été invité à présenter ses analyses.

A cette occasion, le président du CRAN a analysé le contexte français dans lequel la chasse aux « stups » et la chasse aux immigrés ont conduit à renforcer le profilage ethnique au niveau de la police. Par ailleurs, à la « justice de classe » se rajoute désormais une « justice de race » : sous-répression des auteurs de discriminations raciales d’une part, et sur-répression des populations racisées d’autre part. D’où la conclusion célèbre d’Eric Zemmour : « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes ».

La guerre aux drogues a été à la fois coûteuse, mortifère, inefficace et raciste. En 2016 se tiendra une session spéciale des Nations Unies. Elle devrait réfléchir à la mise en place de politiques alternatives dans ce domaine. Quelles mesures pourraient être proposées en France ? Comment faire que la réduction des risques n’aboutisse plus à renforcer le racisme au niveau de la police et de la justice ? Tels sont les défis que le CRAN pourrait essayer de relever en organisant une campagne avec l’AFR sur ce sujet.