1/ Pétition de soutien à Alioune Gueye en partenariat avec Change.org

En partenariat avec Change.org, le CRAN lance une pétition de soutien à Alioune Gueye. Elle est accessible depuis le lien http://www.change.org/AliouneGueye. On s’en souvient, ayant reproché à un étudiant ses propos racistes, cet enseignant-chercheur sénégalais a progressivement été mis à l’écart de l’Université de La Rochelle. C’est la victime qui a été punie, et non l’auteur des propos racistes, le professeur ayant subi de ce fait une double peine.

2/ Dénonciation des faits de racisme à l’Ecole normale supérieure

Le CRAN entend aussi dénoncer les faits de racisme qui ont marqué l’Ecole normale supérieure depuis 2007. En effet, depuis six ans, les violences verbales ou physiques à caractère raciste ont été l’ordinaire des services techniques de cet établissement d’élite. Tel employé pakistanais, souffre-douleur de son chef, a reçu des coups et a perdu quatre dents. Tel autre cadre a affirmé publiquement : « les Arabes, on dirait que leur mère a couché avec un âne ». Tel employé, commis de cuisine et « français de souche », est victime de harcèlement moral depuis qu’il a décidé de dénoncer le racisme ambiant. Les témoignages concordants révèlent un climat délétère. Informée de ces faits graves, la direction n’a jamais pris aucune sanction.

3/ Demande de rendez-vous avec la ministre de l’enseignement supérieur et avec le défenseur des droits

Dans ces conditions, le CRAN entend saisir en ce jour le défenseur des droits à propos de ces deux dossiers emblématiques. Il convient que les victimes obtiennent réparation et que les coupables soient sanctionnés. Par ailleurs, le CRAN demande à rencontrer Mme Fioraso, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, pour qu’elle résolve ces problèmes concrets et mette en place un grand plan pour lutter contre le racisme dans ce milieu. En 2012, déjà, le CRAN avait fait des propositions concrètes au cabinet, qui les avait toutes rejetées en bloc, sans proposer d’alternative. Du coup, le ministère a couvert et laissé prospérer des situations inacceptables.

« Il est très difficile de lutter contre le racisme dans le milieu de l’enseignement supérieur, a indiqué Louis-Georges Tin, le président du CRAN. En effet, les élites vivent dans le déni du réel, et veulent faire croire que le racisme serait le fait du « bas-peuple », des personnes « peu instruites » et de la « France d’en bas ». Or non seulement ce préjugé classiste n’a jamais été démontré, mais au contraire, tout porte à croire que le racisme ne pourrait prospérer en France s’il ne trouvait en haut lieu des relais efficaces », a conclu le président du CRAN.