Une délégation du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) s’est rendue en Mauritanie du 23 au 27 septembre pour aborder avec les mauritaniens la question de l’esclavage et ses séquelles. A cette occasion, les responsables du CRAN ont rencontré le président de la République, le président du Conseil constitutionnel, le président du Sénat, le président de l’Assemblée nationale, le ministre de l’intérieur, le ministre de la justice, l’association des oulémas, l’ambassadeur de France en Mauritanie, la Commission nationale des droits de l’Homme ainsi que les ONG qui œuvrent dans ce domaine.

La République Islamique de Mauritanie a été marquée par des pratiques esclavagistes qui ont concerné toutes les communautés culturelles qui constituent la Mauritanie. Et bien que l’esclavage soit reconnu comme crime contre l’humanité, il y a toujours des difficultés quant au respect de la loi. Le Cran a toutefois soulevé un certain nombre de préoccupations. Par ailleurs, la pauvreté et le défaut d’éducation maintiennent certains groupes sociaux dans une dépendance telle que les frontières entre esclavage et liberté ne sont pas toujours simples à définir.

« Nous avons pu constater à cette occasion les efforts déployés par le gouvernement Mauritanien, notamment avec la création de l’agence Tadamoun (agence mauritanienne pour la lutte contre les séquelles de l’esclavage, l’insertion et la pauvreté) qui se déploie sur l’ensemble du territoire et est dotée d’un budget important, a indiqué Louis-Georges Tin, le président du CRAN, mais nous tenons aussi à saluer les associations sur le terrain qui font un travail remarquable depuis quelques décennies. Leur vigilance et leur exigence ont permis de prendre conscience de la gravité de la question. Par conséquent, le CRAN invite le gouvernement mauritanien à renforcer la dialogue avec la société civile et à donner aux ONG les moyens nécessaires pour poursuivre leur action. »

Le président de la République, Monsieur Mohamed OULD ABDEL AZIZ et les autres dirigeants que le CRAN a rencontrés ont clairement indiqué qu’ils seraient ravis de poursuivre le dialogue. « C’est pourquoi, d’ici quelques semaines, le CRAN publiera un  »plan d’action pour la Mauritanie ainsi qu’un rapport plus détaillé de cette mission, a déclaré Guy Samuel Nyoumsi, vice-président du CRAN chargé des relations avec l’Afrique. »

Le CRAN entend également formuler des propositions juridiques, économiques, sociales et culturelles. Ainsi, dans le chapitre des réformes juridiques, Norbert Tricaud, un des avocats du CRAN et membre de la délégation, a formulé le souhait de permettre aux associations de se porter partie civile et a invité le gouvernement mauritanien à mettre en place les recours collectifs pour donner plus de moyens juridiques aux associations. Il a rappelé que cette demande constitue l’une des grandes campagnes du CRAN en France en ce moment.

En effet, « le soleil n’éclaire et ne sèche que ce qu’on lui montre », conclut Guy Samuel NYOUMSI