Trente ans après la marche pour l’égalité, qui avait traversé la France de Marseille à Paris pour dénoncer les violences policières et le racisme d’Etat, il est clair que la police française jouit toujours d’un même statut d’impunité.

La vidéo de Joué-lès-Tours tournée le 18 août dernier, vue par plus d’un million d’internautes, montre clairement comment les policiers ont agressé des victimes d’origine africaine. Or l’IGPN estime « qu’aucune infraction ne peut être retenue contre les policiers ». « Donc de deux choses l’une, soit les inspecteurs de l’IGPN ont besoin de lunettes, soit ils sont de mauvaise foi », a commenté Guy Samuel Nyoumsi, vice-président du CRAN.

En ce 22 octobre 2013, les victimes sont appelées à comparaître devant le tribunal d’instance de Tours, alors que les policiers ne sont pas inquiétés. Guy Samuel Nyoumsi s’est rendu sur place pour soutenir les victimes et a pris la parole devant le palais de justice: « C’est le monde à l’envers, une fois de plus, ce sont les victimes qui sont mises en cause, tandis que les coupables sont « blanchis ». Dans l’affaire des contrôles au faciès, les 13 plaignants ont également été déboutés. Il semble que depuis des décennies en France, les policiers bénéficient d’une sorte de permis de taper sur les Noirs et les Arabes, et c’est insupportable », a conclu le vice-président du CRAN.

L’affaire a été renvoyée au 3 avril 2014 et le policier concerné sera cité à comparaître. Cependant, le CRAN ne se fait guère d’illusions sur le jugement qui sera rendu à Tours, puisque l’IGPN a déjà imposé sa lecture des faits. « Le CRAN tient malgré tout à rappeler que sans les voix de l’Outre-mer, du 93 et des quartiers populaires (où il a fait ses meilleurs scores), François Hollande n’aurait jamais été élu. Par conséquent, quand viendront les élections (municipales, européennes et autres), il ne faudrait pas que le PS se fasse trop d’illusions sur le soutien populaire qu’il pourrait recueillir », a mis en garde le vice-président du CRAN.