Agressé en plein Paris, avec son ami, Tibo Leclerc a décidé de témoigner, raconter son agression, et revenir sur le climat d’homophobie qui s’est installé avec le débat sur le mariage pour tous… à lire sur LE PLUS du Nouvel Obs.

HOMOPHOBIE. Comme trop souvent, je lui ai lâché la main. Je les ai entendus derrière nous, je les avais vus sur le quai du métro. Alors je lui ai lâché la main. Nous avons cette triste habitude, comme beaucoup d’autres couples homosexuels, de cacher tout geste d’affection. Par peur d’un jugement, d’un mot ou d’un regard. De coups.

Nous nous sommes lâché la main. Trop tard.

Déjà attristé de mon attitude honteuse, je le suis encore plus en écrivant ces mots : « trop tard ». Comme si c’était notre faute. Quelle faute ?

Tout cela car nous nous sommes tenu la main

Alors que nous pouvons enfin nous marier, nous ne pouvons toujours pas nous tenir la main. Au-delà du geste, il s’agit de se comporter comme tous les autres couples qui nous est interdit. Méfiant j’étais, méfiant je serai, malheureusement, encore plus à l’avenir. J’observe parfois les couples hétéros dans la rue ou le métro et les envie. Je n’envie pas particulièrement le fait qu’ils s’embrassent en public, ou qu’ils s’assoient l’un sur l’autre, je n’aime pas vraiment ce genre de démonstration. J’envie seulement leur insouciance, le fait qu’ils ne se posent même pas la question.

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