
Familles de Roms à Champs-sur-Marne : Non à l’expulsion, Oui à une solution viable.
Depuis 48 heures des familles de Roms risquent l’expulsion d’un terrain qu’ils occupent depuis plusieurs semaines… Epamarne, le propriétaire du terrain a demandé l’évacuation.
Aucune solution valable et crédible ne leur a été proposée
Des familles composées d’une vingtaine de femmes, d’hommes et d’enfants a investi un bois situé sur la commune de Champs-sur-Marne (Marne-la-Vallée, 77 dans l’Est parisien), à proximité de la cité universitaire Descartes. Ces familles ont des liens parentés et comprennent de huit ménages et cinq enfants, dont une adolescente, une enfant de 8 ans et trois nourrissons. Plusieurs d’entre eux connaissent des problèmes de santé assez lourds, nécessitant des soins réguliers que leurs dures conditions de vie aggravent.
Arrivées en France bien avant 2007, installées sur le territoire du Val Maubuée (Marne-la-Vallée,77) depuis quatre ans, ces familles ont changé à plusieurs reprises de lieu de vie, chaque fois à la suite d’une expulsion.
Cette nouvelle décision de justice menace leur volonté d’intégration en France : ils souhaitent s’installer durablement sur un lieu de vie, se protéger du froid et de la pluie, scolariser les enfants et travailler, bref vivre de manière autonome. C’est avec cette perspective qu’ils sont accompagnés sur le plan sanitaire et social par le réseau ville hôpital de Lagny Marne-la-Vallée, L’AVIH, depuis plusieurs semaines :
- démarches pour obtenir une couverture maladie,
- accès aux traitements pour les personnes devant recevoir des soins médicaux urgents,
- domiciliation au Secours Catholique de Noisiel, première étape pour effectuer toute autre démarche d’insertion sociale et professionnelle,
- rendez-vous pour les vaccinations des enfants,
- rendez-vous auprès du CIO afin d’évaluer le niveau scolaire des enfants en âge de scolarisation obligatoire et nommer l’établissement qui les recevra.
Une proposition d’installation leur a été faite, par l’avocat d’Epamarne, sur une des aires d’accueil des gens du voyage existant sur Champs-sur-Marne, Emerainville, Lagny-sur-Marne ou Lognes. Or le SAN (Syndicat d’Agglomération Nouvelle, chargé de la gestion des aires d’accueil sur le Val Maubuée), a précisé que ces aires ne sont autorisées qu’aux personnes en possession d’un titre de circulation ou livret, délivré par la Préfecture, ce qui n’est pas le cas des familles Roms qui ne remplissent pas les conditions pour demander ces titres de circulation. Ces familles sont donc dans une impasse. En cas d’exécution de la décision d’expulsion, aucune solution viable ne leur est proposée.
Pourtant des solutions de relogement existent, comme le montre la convention relative aux conditions d’accueil de quatre familles roumaines sur la commune de Cesson (77).
La circulaire interministérielle du 26 Août dernier, relative à l’anticipation et l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites fixe d’ailleurs un nouveau cadre aux décisions de justice d’évacuation. « Il incombe [aux services de l'État] de proposer des solutions d’accompagnement en mobilisant prioritairement les moyens de droit commun de chacun des partenaires. Cela suppose, dans une logique d’anticipation et d’accompagnement, dans les différents domaines concourant à l’insertion des personnes (scolarisation, santé, emploi, logement/mise à l’abri). Cette circulaire doit s’appliquer aux familles présentes sur Champs-sur-Marne, notamment pour leur aménager « un site d’accueil provisoire ou d’autres solutions d’hébergement, adapté aux situations personnelles (…)« .
L’association Turbulences Marne-la-Vallée et RESF77 demandent que cette vingtaine de ressortissants roumains, tous membres de la communauté européenne, ne soient pas immédiatement expulsées et qu’une solution de stabilisation rapide sur un lieu de vie décent leur soit trouvée. C’est l’une des conditions nécessaires à l’accompagnement social et sanitaire, à leur bonne intégration dans la société française qu’ils appellent de leurs vœux. Toute dispersion des familles ou un relogement trop éloigné remettrait en cause tout le chemin déjà parcouru.
Un collectif de soutien s’est formé à l’appel de l’association Turbulences et de RESF77. D’ores et déjà, le Parti de Gauche 77, Les Verts 77 l’ont rejoint. D’autres organisations ont marqué leur intérêt pour cette mobilisation.